Recrutement septembre 2017

A partir de la rentrée 2017, les modalités de recrutement changent: la sélection des candidats se fera dès le M1. Elle disparaitra à l’entrée en M2, sauf pour les étudiants ayant obtenu un M1 dans une autre université.

Modalités et dates du concours, session 2017:

Licence exigée : LLCE anglais, Lettres, ou Traduction. Autres licences acceptées après examen du dossier. VAE possible.

Pré-requis: Excellent niveau de compréhension en anglais, excellent niveau d’expression écrite en français (C2), très bon niveau de culture du monde anglophone. Le dossier de candidature est à télécharger sur le site de l’université et à retourner au secrétariat des Master de l’UFR ALL (sophie.malbec@univ-avignon.fr)

Modalités: une première sélection sur dossier est effectuée, afin de s’assurer de la viabilité du projet du candidat (adéquation entre la licence obtenue par le candidat et la formation). Les candidats dont le dossier est retenu seront ensuite convoqués au concours de recrutement: tests de compétences en traduction (traduction littéraire, traduction journalistique, expression en français), suivi d’un entretien individuel avec le jury. Les étudiants en possession d’un M1 en Traduction obtenu dans une autre université peuvent  candidater pour une admission directement en M2. Ils devront alors suivre une procédure de recrutement similaire (dossier, tests, entretien). En revanche les étudiants titulaires du M1 LLTC Traduction littéraire de l’Université d’Avignon seront admis de droit en M2.

Dates de la campagne 2017: du 3 avril 2017 au 12 juin 2017. La sélection des dossiers se fait au fil de l’eau. Les convocations aux tests seront envoyées par mail le 13 juin. Les tests auront lieu le 20 juin 2017. Les résultats seront communiqués aux candidats au plus tard le 29 juin.

inscription master traduction 2016

 

Université d'Avignon bâtiment nord

La campagne d’inscription dans la formation Master Traduction littéraire est ouverte. Rendez-vous sur le site de l’université pour connaître les détails de la procédure. Pour une inscription en M1, les étudiants titulaires d’une licence obtenue dans une université autre que l’Université d’Avignon doivent remplir une demande de validation d’études. Pour une inscription en M2, tous les étudiants doivent déposer un dossier de candidature, disponible en ligne. La date limite pour le dépôt des dossiers est fixée au 6 juin 2016. Les dossiers seront examinés en commission pédagogique le 8 juin. Les candidats admis à se présenter au concours d’admission seront convoqués par mail, au plus tard le 10 juin. La date des épreuves est fixée au mercredi 22 juin. Les résultats du concours seront communiqués le 30 juin au plus tard.

Pour toute demande de précision, n’hésitez pas à contacter les responsables du parcours: laurence.belingard@univ-avignon.fr, marie-francoise.sanconie@univ-avignon.fr, ou le secrétariat des master: Sophie Malbec, 04 90 16 26 73

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32es Assises de la Traduction Littéraire – Arles 6, 7 et 8 novembre 2015

affiche_assises_20151Les 32es Assises de la traduction littéraire s’ouvrent aujourd’hui à  Arles, sur le thème des Voix de l’enfance. Jusqu’à  dimanche soir, elles proposent conférences, ateliers de traduction et tables rondes, rencontres et lectures, au Capitole, à l’espace Van Gogh, dans divers cafés et à  la chapelle du Méjan.

Les étudiants du Master de traduction littéraire d’Avignon y seront présents,€“ une occasion unique pour eux de rencontrer des traducteurs professionnels, débutants et aguerris, et d’enrichir encore leur culture de la traduction.

Le programme est ICI

 

[Exposition] TransLittérature, la revue des traducteurs littéraires

Lundi 9 novembre 2015 à 14h, BU Campus Hannah Arendt (centre ville)
Inauguration de l’exposition, en présence de Laurence Kiefé, présidente de l’ATLF, et de Nicole Thiers, Corinna Gepner et Maïca Sanconie, membres du comité de rédaction.

14h : Présentation  de l’Association des Traducteurs Littéraires de France par Laurence Kiefé, présidente
15h : projection du film Translittérature, la revue des traducteurs littéraires – 25 ans d’histoire
15h30 : débat sur la revue TransLittérature avec Laurence Kiefé, Maïca Sanconie, Nicole Thiers, Corinna Gepner, membres du comité de rédaction
16h30 : pot amical

En 1991, l’Association des Traducteurs Littéraires de 1affiche-buFrance s’est dotée d’une revue destinée à valoriser la parole des traducteurs et à devenir un lieu d’échanges intellectuels sur la profession. Pari tenu. En 2016, TransLittérature soufflera ses vingt-cinq bougies et peut s’enorgueillir d’être devenue une référence en matière de réflexion sur la traduction. L’exposition présentée à la Bibliothèque Universitaire d’Avignon du 9 novembre au 18 décembre 2015, propose un aperçu de son évolution et de quelques-uns de ses dossiers phares.

Lien vers le site de la Bibliothèque universitaire

Petit conservatoire de la traduction 20/10/2015, Adopte-un-traducteur.com

Cette deuxième rencontre du petit conservatoire de la traduction a eu lieu mardi 20 octobre. Les étudiants de première et de deuxième année du Master Traduction se sont retrouvés à Cami-Li Books & Tea – un changement de décor plus propice à la discussion. Comme l’indique l’intitulé de cette rencontre, adopte-un-traducteur.com, tous sont venus avec, en tête, un traducteur de leur choix.

C’est donc un mardi soir, la nuit tombée, que nous nous retrouvons devant la librairie anglophile. Beaucoup rentrent s’installer et se réchauffer, tandis que d’autres, arrêtés par la vitrine et les bacs emplis de livres, parcourent du regard les tranches et les couvertures. A l’intérieur, nous sommes accueillis chaleureusement par Camille, la propriétaire, qui nous invite à nous installer.

Les premières discussions sont hésitantes : on partage nos expériences de master, nos angoisses linguistiques, et nos peurs du couperet affuté de la correction. On discute textes, matières, professeurs. Camille, ancienne étudiante du master, se joint à la discussion entre deux services de thé. La thématique de la soirée reprend peu à peu le dessus ; on parle de nos premiers souvenirs de lecture qui se révèlent être, pour la majorité, des ouvrages traduits. On peine cependant à se remémorer le nom des traducteurs – il semble y avoir dans ce domaine un certain problème.

Les histoires se recoupent, beaucoup ont lu les mêmes auteurs, et incidemment les mêmes traducteurs. Une voix s’élève, puis deux, dans le vacarme grandissant d’un enthousiasme partagé.

Au fil des discussions, ce manque de visibilité des traducteurs devient plus apparent. Lors de leurs recherches, beaucoup n’ont trouvé que peu d’informations, récoltées précieusement sur les pages wikipedia des traducteurs ou sur leurs sites personnels ; leur biographie en est très souvent absente, et les maigres informations prennent généralement la forme d’une liste d’ouvrages traduits.

On cite des traducteurs à droite, à gauche, chacun différent du précédent : ici, un traducteur de polars. Là, un traducteur de science-fiction. Beaucoup traduisent de l’anglais, bien que certains se distinguent par la rareté de leur langue source – Antoine Chalvin, notamment, qui traduit depuis l’estonien. Certains ne revendiquent pas plus que ça leur activité de traduction, tels Patrick Couton, qui se définit avant tout comme un musicien. Denis Savine, lui, avoue être tombé « par hasard » dans la traduction au détour de sa passion pour le jeu de rôle.

Beaucoup d’entre nous ont adopté leur traducteur par hasard, ou par défaut : celui qui apparaît sur la couverture – et encore, pour les plus chanceux – de notre lecture la plus récente. Il devient indéniable, au fil des conversations, que le traducteur est, dans la plupart des cas, un travailleur de l’ombre.

Mais cela ne nous décourage pas pour autant.

Corentin Riaucourt

 

Un élément qui est ressorti durant la dernière séance du petit conservatoire de la traduction est la difficulté de trouver des informations sur le traducteur même. L’on trouve facilement ses publications, mais peu de choses sur sa vie personnelle ou son parcours, le traducteur ne bénéficie donc pas d’une grande visibilité, reste en retrait.

Une deuxième tendance qui s’est dégagée est que le traducteur a souvent une activité annexe, il peut être professeur, romancier ou bien poète; et seul l’un des traducteurs (Nadine Gassie, qui a notamment traduit les œuvres de Stephen King) présentés vivait entièrement de la traduction.

Le manque d’information sur le traducteur entraîne aussi un manque d’information sur la façon dont ils traduisent. Parmi tous les traducteurs cités, seuls trois expliquaient leur méthode: Patrick Couton, connu pour avoir traduit les livres de Terry Pratchett, déclare qu’il n’a « pas de méthode précise » ; qu’il se  » jette dans un bouquin et advienne que pourra. J’essaye quand même de me renseigner sur le roman et l’auteur au moyen d’internet. » Le second, Guillaume Fournier, qui traduit principalement de la science fiction et de la littérature jeunesse, explique lire le livre et prendre des notes, et redouter les séries de livres car un choix fait peut se voir infirmé ou évoluer dans un volume postérieur. Il remarque aussi « qu’il y a toujours une part d’adaptation, mais qu’elle doit rester la plus mince possible ».

Enfin, on a pu constater une certaine diversité des langues traduites. Si la plupart des traducteurs présentés traduisaient depuis l’anglais, d’autres langues ont été abordées. Il y a par exemple Jean-Pierre Minaudier, qui traduit depuis l’Estonien (il a traduit L’homme qui savait la langue des serpents, de Andrus Kivirähk) et est un des rares traducteurs à travailler sur cette langue, ou Denis E. Savine, traducteur d’origine russe et qui a traduit la série de livres Metro 2033 et Metro 2034 de Dmitry Glukhosvky, ou encore Patrick Guelpa, traducteur depuis l’islandais du Livre du roi d’Arnaldur Indridason.

La conclusion de cette séance est somme toute banale: le traducteur est comme d’habitude peu mis en avant, peu de choses les concernant sont connues, y compris leur méthode de travail. La traduction reste un travail de l’ombre aux rouages méconnus et le traducteur une figure presque « transparente ». Cependant au vu de la diversité des profils et des langues présentés, on est bien obligé de reconnaître l’importance du traducteur dans la production culturelle, et si possible les remercier de nous ouvrir de nouveaux horizons qui jusque là se refusaient à nous .

Emeric Obin

Petit conservatoire de la traduction 29/09/2015 – Premiers pas de traducteurs, principe de réalité et motivations

Regards croisés d’Emmanuelle Boudy et Estelle Varenne, secrétaires de séance…

 

Les étudiants de M1 de notre groupe venaient d’Avignon, Bordeaux et Lyon et avaient suivi une licence LLCE. Nous avons d’abord répondu à leur questionnement concernant le M2 : le déroulement du concours d’entrée, le contenu des cours, le choix du stage et du livre à traduire.

Il s’agissait bien sûr de ne pas effrayer ces nouvelles recrues, tout en évitant qu’elles se retrouvent en lévitation et voient la vie en rose bonbon … Life is not a bed of roses, my dears… Bienvenue dans le monde de l’édition!

Pour s’assurer qu’un livre n’a pas déjà été traduit, il faut vérifier sur le site de la BNF, Bibliothèque Nationale de France, en indiquant le titre, le nom de l’auteur, et en lançant la recherche dans le catalogue général. Commencez votre quête du graal dès que possible… pour trouver la perle rare !

Quant au stage, petite ou grande maison, PACA ou PARIS… pas cape, y a qu’à, faut que ! Time will tell… Mais oui, il y aurait plus de débouchés dans le surtitrage actuellement ; on vous en dira plus dès qu’on en saura plus et qu’on aura décroché un stage… style ‘cartes postales du front’, et peut-être un jour, un premier contrat !

‘Les M1’ semblent déjà avoir une vision assez juste du métier et suffisamment les pieds sur terre pour envisager une sortie de secours – Help ! – du genre un emploi qui nourrit son homme en parallèle (no machismo please…), comme la traduction technique.

Puis nous avons parlé de nos diverses expériences traductives, de la traduction dite technique, rémunérée au nombre de mots, à la proposition de traductions d’œuvres littéraires à des éditeurs, plus qu’aléatoire, mais relevant d’un contrat de traduction si, par miracle, une réponse favorable devait un jour arriver sur un tapis volant…Pigs might fly…

Anyway, nous avons asséné quelques vérités ‘aux M1’, sans j’espère les assommer : nécessité de fréquenter les salons du livres, les librairies, les assises (of course), multiplier les stages… On ne vous le dira jamais assez, il faut CULTIVER SON RESEAU, damn it !!!

Décidément, on se mord la queue, life is not rosy, MAIS, ça vaut le coup de se battre pour ce qu’on veut vraiment faire dans la vie, c’est-à-dire, dans notre cas à tous, j’ai pas rêvé (?) ETRE EN SUSPENSION ENTRE DEUX LANGUES, deux cultures (euh, on est proche de la lévitation finalement et sans rien fumer), lire-traduire-écrire jusqu’à plus soif… baigner dans la littérature jusqu’à en dégouliner… puisque traduire, c’est avancer en eaux troubles, ou nager entre deux eaux avant de voir la lumière et de remonter à la surface. Et hop, une métaphore filée… / E.B

 

Le doute s’emparait de moi. Je craignais d’avoir fait une erreur en acceptant de participer à cette rencontre. Après tout, nous étions des solitaires, ayant choisi l’amour des mots plutôt que de nous mêler au monde. Pourquoi nous rencontrer ainsi, alors ? « Un partage d’expériences » m’avait-on glissé au détour d’un couloir. Je ne pouvais le nier, j’étais rongée par la curiosité. Et voilà comment j’étais arrivée là. Dans cette petite salle sombre remplie de traducteurs. Des expérimentés, des amateurs, des semi-professionnels … Il y en avait pour tous les goûts. Sans que je m’en aperçoive, je me retrouvai tout à coup mêlée à la foule. Des discussions me parvenaient de toutes les directions. Comment des gens aussi discrets avaient-ils trouvé le courage de parler à voix haute, eux qui, d’habitude, se contentaient d’écrire ? Sûrement la présence de leur alter ego. Tous, ou presque, disaient avoir eu la même formation : un cursus de lettres et langues spécialisé en anglais (LCE pour la plupart). Certains avaient d’abord tenté d’apprendre deux langues (en LEA) mais sans succès. L’anglais était leur passion. La langue pour laquelle ils auraient tout donné. Et ils étaient tous là maintenant, réunis dans cette cité moyenâgeuse pour la même raison : continuer leur formation (en master) et peut-être un jour, devenir des maîtres. Des traducteurs professionnels. Oh, bien sûr, tous savaient qu’ils n’y parviendraient peut-être pas. Les futurs traducteurs sont malins. Certains expliquaient avoir d’autres idées, en attendant de se faire des contacts, de tisser leur réseau. D’autres avouaient d’une voix triste qu’ils étaient prêts à chercher un emploi ou poursuivre une autre formation. Rien n’était trop beau pour réaliser leur rêve. Malgré le bruit, je réalisais bientôt que nous n’étions qu’une vingtaine. Comment était-ce possible ? Etait-ce dû à la sélection menée durant ces longues années d’apprentissage ? Avions-nous perdu tant des nôtres face à la dureté de notre tâche ? Pourtant, je ne voyais que rires et yeux remplis de joie autour de moi. Des paroles de réconfort allant des plus expérimentés aux plus jeunes. Des conseils fusant ici et là : lisez, lisez, lisez et lisez encore ! Ouvrez-vous à la culture ! N’hésitez pas à traduire tout ce qui vous passe sous la main dans n’importe quel domaine ! Et d’un coup, chacun se mit à parler de ce qu’il avait fait. Quelle ne fut pas ma surprise en entendant les expériences de certains ! Beaucoup avaient traduit des textes pour le plaisir de traduire, mais d’autres étaient allés plus loin. Une jeune fille avait mis la main sur des textes de traducteurs professionnels avant même qu’ils ne soient publiés et avait pu les examiner de près. Une autre avait été prise d’une telle passion pour les mots qu’elle avait traduit des langues qu’elle ne connaissait même pas et s’était acharnée jusqu’à en sortir un français impeccable. Un jeune homme s’était déjà bien lancé et traduisait des rapports de dossiers médicaux sans rechigner. Partout autour de moi, on avait traduit : des paroles de chanson, des dialogues de jeux vidéo, des articles de journaux pour associations humanitaires, des nouvelles fantastiques, des fictions écrites par des inconnus sur le net, des passages de roman, des recettes de cuisine … Tout y passait ! Comme si les traducteurs ne pouvaient pas s’en empêcher, ne pouvaient tout simplement pas s’arrêter ! C’était comme une maladie. Et pourtant, personne ne semblait triste ou blessé. A croire que … la traduction soignait leurs mots. / E.V.

 

Petite virée au festival littéraire des Correspondances de Manosque, 23-27 septembre 2015

Par Emmanuelle Boudy

Ce jeudi 24 septembre, Manosque resplendit sous un doux soleil automnal. Au cours de la journée, nous assistons à quatre rencontres avec des auteurs d’envergure : Javier Cercas (L’Imposteur), Carole Martinez (La terre qui penche), Agnès Desarthe (Ce cœur changeant) et Jonathan Coe (Expo 58). Au-delà de leur actualité littéraire, je voudrais revenir sur ce qu’ils ont révélé de leur identité d’auteur, de leur conception du roman ou de l’écriture, thèmes abordés lors de ces lectures publiques.

Javier Cercas : La part d’ambiguïté présente dans un roman permet au lecteur de se l’approprier, de le faire sien, d’autant que ‘le roman peut tout assimiler’. Le roman permet à l’auteur d’être ‘le romancier de lui-même’, en bataillant entre la réalité et la fiction, la vérité et le mensonge, car il y a toujours ‘un grain de vérité’ dans un roman.

Carole Martinez : Notre identité est ‘pleine de notre enfance, de ce qui ne bouge pas’ et ‘les grands-parents sont le siège de l’imaginaire des enfants’. L’écriture passe par l’abandon, le lâcher-prise, puis par le travail, donc par ‘le lien entre abandon et maitrise’. C’est ‘un jet, un jaillissement que l’on modèle, comme une pâte’, ‘un tissu de mots’. Texte et textile ont d’ailleurs la même étymologie. ‘Le lecteur brode dans les silences’. L’une de ses héroïnes veut apprendre à écrire pour exister par rapport au pouvoir masculin, ‘écrire pour se libérer de son père’, lequel pense qu’une femme instruite est le diable dans la maison.

Agnès Desarthe : Pour écrire, il faut ‘une disponibilité d’esprit, un lâcher-prise’, ce qui implique d’avoir ‘une double vie : le quotidien et l’écriture’. Son héroïne passe par des états successifs libérateurs : elle est d’abord muette, puis parlante, et enfin écrivante.

Jonathan Coe : ‘Le récit est parfois la métaphore des sentiments du héros, sous les multiples couches d’ironie qui caractérisent la narration’. ‘La vie imite l’art et vice versa.’

Ces quatre magnifiques auteurs nous aident à mieux comprendre ce que la lecture et l’écriture apportent, ce que l’on cherche en elles, ce que l’on puise à leur source. Lire, écrire, nous plonge dans la compréhension du monde, des autres et de nous-mêmes. Chaque œuvre offre une vision particulière au lecteur, qui chausse les lunettes des personnages, celles du narrateur et de l’auteur, tout en regardant à travers son propre prisme. Quel plaisir de se laisser emporter par cette mise en abyme dans le tourbillon des émotions d’êtres imaginaires ou réels, dont les sentiments, les réflexions et les actions résonnent en nous le temps d’un roman, ou nous marquent à jamais, ayant allumé dans le tréfonds de notre âme une lueur d’humanité partagée. Certains livres nourrissent, font grandir, élèvent la conscience, nous révèlent une part de nous-mêmes ou d’autrui, une vérité cachée qui soudain jaillit, frappe notre esprit embué. Un voile est levé… On pense que l’auteur tient les rênes mais écrire (comme lire) c’est aussi s’ouvrir à l’imprévu, à l’aventure : tel personnage déborde du cadre initial, tel château imaginé existe en réalité. Tel poème, débuté le cœur léger, nous conduit d’écho en écho aux sources du passé qui frissonne à la surface de l’inconscient, et en ces profondeurs le chant poétique harponne finalement un cœur lourd : petit cœur saccagé va remonter, se libérer, s’alléger et devenir une bulle d’espoir prête à éclater.

Petit Conservatoire de la Traduction – Calendrier des rencontres

29 septembre – Premiers pas de traducteurs. Vous avez traduit ? Venez présenter vos expériences de la traduction.

20 octobre – Adopte-un-traducteur.com. Que traduisent les traducteurs ? Choisissez un traducteur et faites un compte rendu de sa carrière de A à Z.

17 novembre – les Assises des Assises. Qu’avez-vous retenu de votre séjour arlésien?

15 décembre – le Père Noël est traducteur. Quel livre traduit allez-vous offrir à Noël?

Les beaux noms des traducteurs en vitrine à Crest (Drôme) à la librairie « La Balançoire »

Comment pénétrer le milieu hermétique de l’édition quand on est étudiante en master traduction littéraire ? Peut-être par petites touches successives, sans relâche… assister aux salons du livre, aux Assises de la traduction, fréquenter les librairies, se rendre visible tout en glanant des informations, bref ‘montrer qu’on existe’. Tiens, ça me fait penser au projet de l’ATLF « Les beaux noms des traducteurs » ! Ou comment faire sortir le traducteur de l’anonymatDSC06267 ?

A part quelques maisons d’édition comme Actes Sud dans sa collection Babel, il est encore rare que le nom du traducteur figure en couverture… « C’est pas beau ! » Ah bon ? Je dirais qu’on peut toujours choisir un pseudo… si on a un nom à coucher dehors, non ? Nom de nom de nom d’un chien ! Rappelons ce principe de base : la traduction permet le partage des cultures, depuis que l’homme communique ; elle est donc indispensable.

La librairie la plus proche de mon domicile se trouve à 20 km, soit une petite demi-heure de route. C’est ce qui s’appelle vivre à la campagne. Il ne faut reculer devant rien pour participer au projet de l’ATLF, « les beaux noms des traducteurs » … Dans le courant de l’automne, j’ai commencé à fréquenter « La Balançoire », librairie située à Crest dans la Drôme, et gérée par Fanny Loukas depuis 2006. Cet espace convivial accueille un fonds important de livres jeunesse, de BD, mangas, livres pratiques, récits, polars, ouvrages de poésie et de littérature de tous les coins du monde.

Quand j’aiDSC06271 parlé à Fanny du projet de l’ATLF, qui consiste à dresser un état des lieux de la visibilité des traducteurs/trices, en photographiant dans les vitrines des libraires les livres en couverture desquels figure le nom de la traductrice ou du traducteur, celle-ci m’a tout de suite proposé de réaliser une vitrine spéciale « littérature traduite ».

Au fil des rencontres, nous avons choisi les œuvres qui pourraient trouver leur place dans sa vitrine : littérature générale, poésie … albums de tous horizons, ainsi que des livres de référence sur la traduction. Sans oublier de saupoudrer le tout avec des citations de traductrices et traducteurs réputés afin d’illustrer l’importance de la traduction, la difficulté et la beauté de cette activitéDSC06285.

En effet, sans traduction nous ne pourrions accéder aux œuvres étrangères (à moins bien sûr de parler une multitude de langues), et les non francophones ne pourraient pas découvrir notre littérature. La traduction permet les échanges entre les peuples et les cultures du monde entier, elle évite l’uniformité et l’hégémonie d’une langue unique ; elle élargit notre conscience et nous ouvre à d’autres façons de penser.

Pour être complet sur ce projet et pour la petite histoire, la jeune stagiaire de la Balançoire a également mis la main à la pâte : elle s’appelle Mathilde et est atteinte de dyspraxie. Grâce à Fanny et à son équipe, cette librairie est un lieu de culture et d’échanges, ouvert sur le monde, ouvert à « l’autre ». Dorénavant à la Balançoire, les questions liées à la traduction trouvent un écho ; un ouvrage de référence y est aussi disponible dans son fonds et en vitrine : Dire presque la même chose, d’Umberto Eco. (Rime totalement involontaire !)

Emmanuelle Boudy , le 01/03/2015